La transformation du loup en chien

 Quand on regarde un loup et un chien, on voit une différence, plus ou moins grande suivant les races qui  peut être énorme.  Que s’est-il, donc passé ?

D’après Jean-Marc Landry, imprégner le loup à l’homme ne suffit pas à le transformer, morphologiquement ou comportementalement. A Wolf Park, les soigneurs imprègnent des loups depuis trente ans, mais malgré cela ces loups restent de vrais loups. Pourtant la consanguinité accélère les modifications morphologiques et entraîne des changements comportementaux. Il ne faut pas oublier qu’au Paléolithique, le pool génétique des loups était plus grand qu’aujourd’hui. En effet, il n’y avait encore eu aucune extermination de certaines populations de loups.

Les premiers chiens ressemblaient à des louveteaux. Leur taille a diminué, leur chanfrein a raccourci, leur angle frontal par rapport au chanfrein s'est modifié. Darcy F. Morey a étudié la morphologie crânienne des canidés domestiques préhistoriques et est arrivé à la conclusion que le loup a donné naissance au chien domestique par un phénomène de pédomorphose.

La différenciation génétique entre le chien et le loup est apparue, il y a plus de 100 000 ans ( soit  0,2 % de différence génétique)


 La pédomorphose est la présence de traits juvéniles des ancêtres chez les adultes des espèces qui en descendent. La néoténie est une des figures de la pédomorphose .
La néoténie est « la persistance de caractéristiques morphologiques et de comportements juvéniles chez l’individu adulte ».


D'après MEDECINE/SCIENCES 2004 ; 20 : 761-6

 C'est grâce à une sélections intensives et des croisements consanguins, que l’homme a créé plus de 350 races; si chacune représente un véritable isolat génétique, elles offrent, toutes réunies, un ensemble inégalé de polymorphismes.

Par ailleurs, les travaux de J.A. Leonard et al. et de P. Savolainen montrent que tous les chiens domestiques actuels proviendraient de l’Est asiatique, d’où ils se seraient répandus en Europe, en Asie et vers le Nouveau Monde en accompagnant l’homme dans sa traversée du détroit de Béring, au pléistocène.

La construction d’un arbre phylogénique et la répartition géographique des échantillons d’ADN analysés ont amené ces auteurs à proposer que la population des chiens actuels proviendrait d’un nombre restreint de loups femelles, et donc d’un pool limité d’allèles (et non de gènes, comme on le dit trop souvent), en dépit de ce que l’extrême variation morphologique observée actuellement laisserait supposer. le nombre de mâles a certainement dû être beaucoup plus grand pour enrichir le pool d’allèles.


Expériance de Belyaev

 Dimitri Belyaev* a fait des recherches intéressantes sur les renards blancs. Les renards blancs sont élevés pour leur fourrure. Mais malgré plus de 18 ans de vie en captivité, ils restent sauvage et donc difficilement manipulable par les soigneurs, à l’image des loups non imprégnés à l’homme. Dimitri Belyaev a sélectionné ces renards sur deux critères :

- l’absence d’agressivité
- la docilité

Après seulement 18 générations, il a obtenu des renards qui recherchaient le contact avec l’homme, mais d’autres caractères sont apparus :

-  raccourcissement du museau
- oreilles pendantes
- queue enroulée sur le dos
- modification de la couleur du pelage (robe tachetée de brun ou de blanc)
- modifications hormonales (chaleurs 2 fois l’an et mue saisonnière décalée),
-augmentation de la sérotonine (neurotransmetteur et neuromodulateur ayant pour effet de calmer l’animal)
-modification de la vocalisation (gémissements/aboiement plus fréquent)

L’apparition de ces caractères, non prévus, pourrait signifier que les gènes sont liés. Hors, s’ils le sont chez le renard, ils le sont également chez le loup. Et quand on regarde certaines races de chiens (il faut ne pas oublier de tenir compte de la sélection que l’homme a effectuée sur d’autres caractères,) on y  retrouve ces caractères !


L'ABOIEMENT

 On n'a jamais vu un loup aboyer. Ni un renard. Comme si la grande famille des chiens s'était interdit cette possibilité dans la nature. Surprise donc : notre chien domestique détient l'exclusivité de l'aboiement. Et s'il redevient sauvage, comme cela s'est passé pour Dingo l'australien, il perd au passage le wha et refait silence.

Bien entendu, tous les Canidés ont les moyens physiques de produire du wha. La meilleure preuve en étant que les louveteaux ou les jeunes coyotes jappent durant leurs premiers mois. Mais par la suite, leur wha disparaît, comme s'il devenait superflu.

Le parallèle avec la domestication du loup et d'autres Canidés est tentant : pour les amadouer, contrôler leur agressivité, nos ancêtres auraient développé chez le chien la dépendance à la nourriture. Précisément, que fait le chiot pour obtenir la tétée ? Il jappe. L'aboiement, encouragé chez le jeune, il a été soutenu chez le chien adulte, habitué à quémander de la nourriture à l'homme. Dans le même temps. Cette faculté à faire wha de toutes les couleurs aura en quelque sorte été perfectionnée par le chien pour augmenter son interaction avec l'homme, et garnir son ventre...


Le sourire

 C'est à dire que le chien retrousse légèrement les babines pour laisser apparaitre ces incisives. C'est un comportement propre au chien et qu'il ne fait qu'au humain (à ne pas confondre avec un signe d'agressivité)


Commentaires (1)

1. kim 30/08/2011

Bonjour,je voudrais savoir plus précisément la nature des loups, et la nature des chiens,Merci

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