LA GUERRE

Dès le XIIIe siècle avant Jésus-Christ, le chien, en tant que soldat à part entière, participe aux combats engagés par les hommes.

Le dressage de ces chiens était simple : leur rôle consistait à exterminer des armées ennemies, hommes et chevaux compris. Au cours des siècles, on confectionne des systèmes de cuirasse surmontée de pointes acérées ou de lames de faux tranchantes, des colliers à pointes et jusqu'à des manteaux en cuir recouverts d'une substance facilement inflammable : les chiens ainsi transformés en véritables machines de guerre devaient disperser chevaux et fantassins effrayés ou cruellement blessés.

Leur disparition au XIXe siècle va de pair avec le grand développement des armes à feu.

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1832  Une compagnie de 40 chiens fut même créée par le capitaine Blanqui pour monter la garde autour de ses bivouacs.

Cela n’empêcha pas la France d’être la dernière des nations européennes à s’intéresser à la cynophilie militaire.

1887 Mise en place fut très lente et progressive.

août 1914 L’armée française ne comptait que 250 chiens dans ses rangs, forçant le commandement à faire appel à des chiens de réquisition

 novembre 1915 Une instruction ministérielle régla le statut des chiens de guerre. Elle répartissait le travail entre deux catégories de chenils : ceux de l'arrière et ceux de la zone des armées. Les premiers étaient chargés du recrutement des sujets et de la première partie de leur dressage, qui devait être complétée non loin du front.

 

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Lors de la 1ère guerre mondiale, les chiens constituèrent une aide précieuse pour les armées européennes, de grandes responsabilités reposaient sur leurs épaules.
Toutes les races de chien participent aussi à la défence nationale. L'armée a besoin dans son organisation de plusieurs milliers d'individus de l'espèce canine. Ils sont employés aux écoutes dans les postes avancés, dans les ambulances, où ils rendent de magnifiques services. 

Le chien de guerre a son livret militaire, portant son matricule; il touche une ration personnelle composée de 650 grammes de viande, 350 grammes de pain, 100 grammes de riz ou de pâte, 300 grammes de légumes frais et 15» grammes environ de sel.

1939 Création d’un service de chiens de guerre dépendant de l’infanterie ne permit pas pour autant la mise sur pied d’unités cynophiles.

 Entre 1954 et 1962, 4 000 chiens participèrent aux opérations militaires en Algérie,

1950 leur nombre n’atteignait que 40. Cet essor important que connut ce qu’il est convenu d’appeler la cynotechnie militaire s’explique en partie par l’expérience indochinoise mais surtout par le type de tactique adoptée par l’armée française au cours du conflit.

1949 fut création du 10e groupe vétérinaire (GV) à Lynx (Allemagne) chargé de l’achat et du dressage des chiens militaires. C’est là que furent mis au point un certain nombre de techniques cynophiles nouvelles (dont celle de cyno-commando anti-char en 1952).

Avec l’Indochine, l’usage des chiens se développa avec notamment leur utilisation au sein des troupes aéroportées.

1952 En Tunisie les chiens furent utilisés. Leur nombre passa de 12 à 225 en quelques mois, avec la création de 6 pelotons cynophiles

début 1954 En Algérie, on comptait 245 chiens.

En novembre, 160 chiens supplémentaires furent amenés d’Allemagne.

1956 Leur nombre passa à 1 534

1961 à 1980 chien pour l’armée de Terre où ils étaient répartis en 99 pelotons cynophiles.

La gendarmerie, qui disposait d’environ 160 chiens de garde et de piste, avait son propre chenil situé à Beni-Messous.

entre 1954 et 1962, plus de 4 000 chiens furent engagés en Algérie. Etant donné les délais nécessaires pour le dressage des chiens, il fallut attendre 1958 pour que le dispositif cynophile connût une réelle efficacité.

 Le service vétérinaire d’Algérie assurait le soutien des opérations sous la direction des trois directeurs d’Oran, Constantine et Alger. Il était renforcé par une centaine de vétérinaires du contingent qui suivaient un stage au centre d’instruction du service vétérinaire de l’Armée (C.I.S.V.A.) à Compiègne avant d’être envoyés en Algérie.

En 1954, il ne disposait que de deux établissements hippiques : un établissement hippique principal  à Mostaganem et un établissement hippique secondaire à Saint-Arnaud. Suite à la création en leur sein de pelotons cynophiles et afin d’assurer le soutien des unités cynophiles nouvellement créées,

le 1er février 1955 ils furent transformés en 31e et 32e groupe vétérinaire (G.V.).

Le 1er août 1956 fut créé le 33e G.V. à Blida qui devint le 541e G.V. lors de la dissolution de celui-ci. Les G.V. dits « de corps d’armée » étaient en fait placés sous l’autorité directe du directeur central qui siégeait à Alger. Les pelotons demeuraient sous le contrôle du directeur de corps d’armée assisté, en principe, d’un officier cynophile (CY) de corps d’armée. 

 "Les chiens de guerre, sont à l’honneur. Une vingtaine d'entre eux viennent d'être cités à l'ordre de leur régiment; d'autres ont été décorés d'une étoile (insigne de l'éclaireur) par le président de la République en personne; et un comité de braves gens rêve d'élever un monument « Aux chiens de la grande guerre »... 

Et le jour tant désiré où nos héroïques soldats défileront sous l'Arc de Triomphe de l'Etoile, aux bravos qui les salueront, nous en joindrons quelques-uns pour nos vaillants toutous qui, eux aussi, auront bien mérité de la patrie."

Xavier Granier  


 

Les Témoignages

« Dans la guerre » de Alice Ferney

Lettre de Jules à son épouse, Félicité :

« Je dois aussi te parler de Prince qui fait ma joie. Si tu pouvais le voir ! Il faut que tu saches que ce sacré animal a fait ses classes brillamment. Sentinelle et patrouilleur, il l’est naturellement. Tu te souviens comme il entend et flaire tout ! Au premier commandement il cesse d’aboyer et se tient parfaitement silencieux au moindre bruit qu’il entend. Il a appris à reconnaître l’ennemi. Puis à geindre doucement quand il le sent proche. C’est extraordinaire comme tout cela s’est fait vite. On dirait que ce chien a compris l’esprit de la guerre. Voir sans être vu, tuer sans être tué, dit notre lieutenant (…) Notre Prince sait cela.

Lorsque l’avancée est sans danger, il agite gaiement la queue et marche à côté des soldats qu’il accompagne. Ils peuvent alors êtres sûrs qu’ils ne sont pas observés et se sentent en paix. D’ailleurs ils l’adorent ! A leurs yeux Prince est une sorte d’extralucide, un voyant, un être plein de savoirs mystérieux dont nul ne saurait déjouer les perceptions puisque ne lui échappent ni l’invisible, ni le faux silence. Vois-tu ma chérie, une sentinelle et un chien en valent deux. Un patrouilleur avec Prince se sait en sécurité.

La confiance des hommes naît dans le silence du chien. Cette sérénité momentanée est précieuse : on ne peut pas toujours trembler pour sa vie. Il faut reposer sa peur. On ne gagne pas une guerre si on ne fait que la craindre. » (p. 188)

 http://canimome.blogspot.com


 

 Les différents postes que peuvent occuper les chiens :

  •  détecter les mines antipersonnelles et les pièges
  •  pour inspecter les cellules des prisonniers
  •  détection d'expolif

 

ainsi que les fonctions traitées ci après

Commentaires (2)

1. MORGAND JACQUES 24/02/2012

POUR MON AMI RENE VELCIN de Sarrebourg qui a servi au 541ème groupement vétérinaire détachement à Alger en poste à Blida du 19/07/1960 au 24/04/1961. suis à la recherche de son insigne pour lui faire une surprise.
POUR ME CONTACTER jacques.morgand12@orange.fr.
merci d'avance.

2. Labbaye Pierre 28/12/2010

je recherche des photos et cartes postales du service vétérinaire de Mostaganem.
j'étais présent en1959/60.

Merci d'avance
Pierre Labbaye
pierre.labbaye@gmail.com

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Date de dernière mise à jour : 04/03/2013

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